Résolutions : pourquoi « commencer à » marche mieux que « arrêter de »
Arrêter de grignoter, arrêter de scroller le soir, arrêter de repousser le sport à lundi prochain… La plupart des résolutions commencent par un « arrêter de ». C'est logique : on pense d'abord à ce qui nous agace chez nous. Pourtant, une étude menée sur plus de 1 000 personnes suggère qu'on a plus de chances de tenir en formulant les choses dans l'autre sens, avec un « je vais » plutôt qu'un « je n'irai plus ».
Ce qu'a mesuré l'étude
En 2020, une équipe de chercheurs a publié dans la revue scientifique PLOS ONE une expérience à grande échelle sur les résolutions du Nouvel An. Les participants (1 066 recrutés au départ) ont formulé leur résolution, puis ont été suivis pendant un an.
Les chercheurs ont classé chaque résolution en deux familles :
- les objectifs d'approche : commencer, ajouter, faire plus de quelque chose (« me mettre à la course », « cuisiner plus souvent ») ;
- les objectifs d'évitement : arrêter, éviter, faire moins de quelque chose (« ne plus manger de sucre », « arrêter de fumer »).
Un an plus tard, voici ce qu'ils ont observé :
- 55 % des personnes qui ont répondu au dernier questionnaire estimaient avoir tenu leur résolution ;
- 58,9 % de réussite pour les objectifs d'approche ;
- 47,1 % pour les objectifs d'évitement.
Près de 12 points d'écart entre les deux familles d'objectifs. Selon les auteurs, la différence est statistiquement significative.
Deux précautions avant de crier victoire
Ces chiffres sont des réussites déclarées. Chaque participant évaluait lui-même son succès sur une échelle de 0 à 100 %, et les chercheurs ont considéré comme « réussie » une résolution notée à 70 % ou plus. Personne n'est allé vérifier sur la balance ou au club de sport. Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes, tout comme le fait que les participants étaient des volontaires, sans doute plus motivés que la moyenne.
Le résultat reste intéressant, à condition de le prendre pour ce qu'il est : une piste sérieuse, qui demande d'autres études pour être confirmée. Et l'essayer ne coûte rien, il suffit de réécrire une phrase.
Pourquoi « arrêter de » est plus glissant
L'étude mesure un écart, elle ne l'explique pas en détail. Mais quand on regarde comment se passe une journée ordinaire, on comprend vite pourquoi un objectif d'évitement est plus fragile.
Il ne te dit pas quoi faire. « Arrêter de grignoter », c'est une absence d'action. À 16 h, quand la fatigue arrive, ta résolution ne te propose rien. Le vide se remplit avec la vieille habitude.
Il garde ton attention sur ce que tu veux fuir. Se répéter « ne pense pas au chocolat » revient à penser au chocolat. Un objectif d'approche déplace le regard vers autre chose.
Un seul écart ressemble à un échec total. Avec « je ne fume plus », une cigarette suffit à tout casser. Avec « je marche 10 minutes après le déjeuner », un jour raté reste un jour raté, et le lendemain tu peux simplement recommencer.
Il ne laisse rien à cocher. On progresse mieux quand on voit ce qu'on a fait. Il est facile de cocher « j'ai lu 10 pages ». Cocher « je n'ai pas scrollé » est plus flou : à partir de combien de minutes est-ce raté ?
Comment reformuler ta résolution en 3 étapes
Tu n'as pas besoin de renoncer à ton objectif. Tu vas juste le retourner.
1. Écris ta résolution telle qu'elle te vient
Ne la censure pas. Si c'est « arrêter de procrastiner », écris « arrêter de procrastiner ».
2. Demande-toi ce que tu ferais à la place
Pose-toi la question : « Quand je ne ferai plus ça, qu'est-ce que je ferai à la place ? » La réponse, c'est ta nouvelle résolution. Elle doit commencer par un verbe d'action.
3. Rends-la assez petite pour la faire même un mauvais jour
« Faire du sport » est une intention. « Marcher 15 minutes après le déjeuner » est une action. Plus c'est concret, plus c'est facile à lancer quand la motivation est basse.
Quelques exemples
| Version « arrêter de » | Version « commencer à » |
|---|---|
| Arrêter de grignoter l'après-midi | Préparer une collation le matin et la manger à 16 h |
| Arrêter de scroller au lit | Lire 10 pages avant d'éteindre la lumière |
| Arrêter de procrastiner | Travailler 10 minutes sur la tâche la plus importante avant d'ouvrir mes mails |
| Ne plus me coucher tard | Poser mon téléphone dans le salon à 22 h 30 |
| Arrêter de rester assis toute la journée | Me lever et marcher 5 minutes toutes les heures |
| Arrêter de fumer | Quand l'envie arrive, sortir marcher 5 minutes ou boire un grand verre d'eau |
Le dernier exemple mérite un mot de plus. Arrêter de fumer reste, par nature, un objectif d'évitement, et il ne s'agit pas de le maquiller. L'idée est de lui associer une action de remplacement, pour avoir quelque chose à faire au moment où l'envie se présente. Et pour ce sevrage, rien ne remplace un vrai accompagnement : le 39 89 de Tabac info service propose un suivi gratuit par un tabacologue. Si tu veux te lancer en novembre, on a rassemblé les infos utiles sur notre page Mois sans tabac 2026.
Ajoute un « quand… alors… »
Une résolution bien formulée a encore besoin d'un moment pour exister. Le Dr Pippa Lally, chercheuse en psychologie à l'université de Surrey et spécialiste des habitudes, le résume simplement : quand on a un plan clair de quand et où l'on fera quelque chose, on a plus de chances de le faire qu'avec une intention vague.
Le format le plus pratique tient en une phrase :
Quand [moment ou situation précise], alors [ma nouvelle action].
- Quand je pose mon sac en rentrant du travail, alors je mets mes baskets.
- Quand je me brosse les dents le soir, alors je pose mon téléphone dans le salon.
- Quand j'ouvre mon ordinateur le matin, alors je commence par 10 minutes sur ma tâche prioritaire.
Le « quand » s'appuie sur quelque chose que tu fais déjà tous les jours. Le « alors » est ta résolution reformulée. Tu n'as plus à te demander « est-ce que j'y vais ? » : la décision est prise d'avance.
Suis-la jour après jour
Un objectif d'approche a un autre avantage : il se coche. Chaque soir, tu peux répondre par oui ou par non à « est-ce que j'ai lu mes 10 pages ? ». Dans DailyHeroes, tu ajoutes ton habitude, tu la valides chaque jour et tu vois ta série avancer. Si tu rates un jour, tu le vois tout de suite, et tu reprends le lendemain.
Si tu as plusieurs « arrêter de » sur ta liste, ne les retourne pas tous d'un coup. Choisis-en un, transforme-le en action, tiens-le quelques semaines, puis passe au suivant.
Commence le 1er janvier, avec d'autres
Pour démarrer 2027, on prépare DailyHeroes Transformation 2027, un défi gratuit de 31 jours qui démarre le vendredi 1er janvier. Le principe colle à tout ce qu'on vient de voir :
- tu choisis une piste (bouger, mieux dormir, te concentrer ou t'organiser) ;
- tu écris ton intention sous la forme « je commence à… », puis ton « quand… alors… » ;
- tu avances avec un binôme ou une petite équipe, avec un point chaque semaine et sans classement.
La pré-inscription ouvre le 15 novembre. Tout est expliqué sur la page du défi Transformation 2027.
Pour aller plus loin
- Comment tenir tes résolutions toute l'année
- Routine saine : le plus dur est-il de commencer ou de durer ?
- Tous nos conseils
Sources
- Oscarsson M. et al. (2020), « A large-scale experiment on New Year's resolutions: Approach-oriented goals are more successful than avoidance-oriented goals », PLOS ONE : lire l'étude
- Université de Surrey (2026), « Does it really take 66 days to form a habit? We asked the expert, Dr Pippa Lally » : lire l'entretien
- Santé publique France (2026), « Mois sans tabac 2026 : ouverture des inscriptions » : lire le communiqué